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23 juin 2022

Faire de la mécanique sans se salir les mains

France St-Hilaire, professeure en Techniques de génie mécanique, souhaite faire découvrir son domaine aux femmes

France St-Hilaire a baigné dans le domaine de la mécanique dès son plus jeune âge. Son père fabriquait des moules qui servaient à concevoir des pièces de machineries diverses et les outils qu’il utilisait n’avaient pas de secret pour elle. Le secret se trouvait ailleurs et elle ne l’a découvert que vers la fin de la vingtaine. La mécanique, ce n’est pas seulement se servir de ses mains, mais c’est aussi se servir de sa tête. Là où se cache toute la partie conception, analyse et ingénierie.

En tout début d’entrevue, France tient à préciser que lorsqu’elle fait référence à la mécanique, elle ne parle pas de mécanique automobile.

« La mécanique comme je la connaissais m’intéressait, mais pas nécessairement pour en faire mon métier, raconte-t-elle. J’ai donc entrepris un DEC en Sciences de la nature au Cégep de Lévis-Lauzon, comme on l’appelait à l’époque, puis j’ai obtenu un baccalauréat en génie géologique. » Quelque temps plus tard, elle était de retour à la case départ, mais cette fois en Techniques de génie mécanique. Un retour à ses premières amours : la mécanique et le Cégep de Lévis, à la Formation continue!

La découverte de toute cette partie d’ingénierie à laquelle on ne songe pas dans le domaine de la mécanique a été marquante pour le cours de sa carrière. Elle avait réussi à conjuguer son côté intellectuel à son côté pratique.

France Saint-Hilaire, professeure en Techniques de Génie mécanique au Cégep de Lévis

La seule femme dans l’usine

Pendant 12 ans, elle a occupé divers postes dans des entreprises : dessinatrice, conceptrice et chargée de projets. Et pendant toutes ces années, elle a souvent été la seule femme dans l’usine, les seules représentantes du même sexe qu’elle rencontrait à l’occasion occupaient un emploi dans les bureaux.

Si elle ne s’en plaint pas parce qu’elle a toujours été à l’aise avec ses confrères, elle est toujours heureuse de voir des visages féminins dans ses classes, signe que le visage de la profession change graduellement. Et oui, elle enseigne des cours de mécanique, comme l’étude des liaisons mécaniques, les dessins assistés par ordinateur (DAO), les procédés de fabrication et l’analyse de fabrication depuis 8 ans au Cégep de Lévis.

La mécanique, c’est aussi pour les femmes

« J’ai réalisé au fil de ma carrière en entreprise que j’avais de la facilité à entrer en relation avec les autres et que j’aimais beaucoup vulgariser et transmettre mes connaissances. » Une offre d’emploi au cégep est arrivée à un moment crucial pour elle dans sa vie et elle a sauté sur l’occasion. Elle espère faire découvrir tout le côté caché de la mécanique, le processus de création qui existe en amont et ainsi intéresser plus de femmes au domaine de la mécanique.

« Pour faire de la mécanique, il faut être curieux, il faut s’intéresser à la manière dont les choses sont fabriquées et il faut être débrouillard. Je suis à même de constater que la majorité des filles auxquelles j’enseigne performent très bien et c’est très encourageant », témoigne-t-elle.

Le Cégep de Lévis offre en plus un profil unique dans tout l’est du Québec, soit Conception et réalisation de machines industrielles, lors de la troisième année du DEC. Cette formation est davantage axée sur la programmation, l’automatisation et la robotique.