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18 janvier 2021

Procédés industriels : un diplômé du cégep nous fait découvrir un métier d’avenir

Contribuer à produire plus efficacement et proprement

Le métier de technicien de procédés industriels en est un d’avenir. Yanrick Patoine en sait quelque chose. Il a obtenu son diplôme du Cégep de Lévis en 2017, et il poursuit actuellement ses études en Génie chimique à l’Université de Sherbrooke. Après avoir fait plusieurs stages dans son domaine, il est à même de constater la pertinence du programme Techniques de procédés industriels, qu’il veut faire connaître aux jeunes.

Originaire de Saint-Jean-Chrysostome, Yanrick a commencé à s’intéresser à la science pendant ses études secondaires, lisant des ouvrages et regardant des documentaires sur une foule de sujets pour apprendre, entre autres, comment les produits de tous les jours sont fabriqués.

C’est un peu par hasard qu’il a découvert son futur domaine d’études, Techniques de procédés industriels. Des professeurs du Cégep de Lévis avaient été invités à présenter le programme à son école, l’École secondaire Les Etchemins (ESLE). Ils avaient alors expliqué le processus de transformation de céréales en alcool et celui du pétrole en essence ou en kérosène, carburant pour les avions.

Yanrick a tout de suite eu de l’intérêt pour ce domaine, « qui regroupe beaucoup de connaissances, par exemple : la physique, la mécanique, la chimie, bien sûr, mais aussi au niveau thermodynamique et des phénomènes d’échange ».

En optant pour le programme Techniques de procédés industriels, il pouvait remettre à plus tard la décision d’aller ou non à l’université. Après seulement trois ans au Cégep de Lévis, il obtiendrait son diplôme technique collégial et pourrait décrocher un emploi intéressant et bien rémunéré. Ou encore, il pourrait décider de poursuivre ses études à l’université, ce qu’il a finalement décidé de faire.

Un cheminement avantageux

Les notions pratiques acquises au cours de ses trois années au cégep l’aident beaucoup dans ses cours universitaires. Il profitera aussi beaucoup de sa compréhension des opérations et du fonctionnement de l’équipement tout au long de sa carrière. À la fin de son baccalauréat, Yanrick aura réalisé cinq stages rémunérés. Son plus récent, il l’a fait à Rouyn-Noranda, dans une fonderie de cuivre, la Fonderie Horne, une entreprise bien engagée dans la voie du développement durable. Il travaillait à l’usine d’acide sulfurique, un sous-produit utilisé dans les domaines de l’alimentation, de l’industrie pharmaceutique et des fertilisants, entre autres.

En effectuant l’oxydation de minerais pour en extraire le cuivre, il y a production de dioxyde de soufre. En changeant les propriétés de ce contaminant, l’usine produit de l’acide sulfurique. « On obtient quelque chose qui va être utilisé, valorisé, au lieu de rejeter un produit qui est très nocif pour l’environnement », explique Yanrick.

Le technicien en procédés industriels et l’environnement

Les industries doivent respecter des normes environnementales de plus en plus sévères. Elles n’ont plus le choix d’optimiser les ressources et de fabriquer des produits et des biens de façon plus propre. Malheureusement, la science ne permet pas encore de produire sans empreinte écologique. « Par exemple, si j’achète un cellulaire, bien nécessairement, il va y avoir des métaux à l’intérieur », dit l’étudiant. Tant que les gens achèteront des produits, les compagnies vont continuer de les fabriquer. L’objectif pour les techniciens en procédés industriels est de contribuer à limiter les impacts négatifs de la production et de valoriser les rejets industriels le plus possible. Par exemple, les industries peuvent récupérer des matières résiduelles pour produire des biocarburants.

Rôle charnière entre l’opérateur et l’ingénieur

La formation technique permet de travailler dans une foule de secteurs. Selon Yanrick, une personne très rigoureuse pourrait se plaire dans le domaine pharmaceutique parce qu’il y a beaucoup de normes et de contraintes à respecter. Et pour quelqu’un qui veut mettre ses idées de l’avant, et qui aime que les choses avancent rapidement, la métallurgie est peut-être la bonne voie.

Travail de bureau ou tâches manuelles?

« C’est un mix des deux parce que tu vas sûrement avoir à aller sur le terrain, par exemple, pour faire des investigations ou aller faire une inspection des équipements, ou pour aller vérifier si les paramètres d’opération sont bons ou pas, mais ça va aussi être au bureau et écrire des rapports parfois ou faire des suivis », répond-il. Est-ce qu’une personne ayant moins d’aptitude pour le travail manuel devrait s’empêcher d’étudier dans ce domaine? Non, selon lui, car souvent, ce sont les opérateurs ou les techniciens en maintenance industrielle qui se chargent des tâches manuelles.

« Souvent, le technicien va être considéré comme étant un cadre parce qu’il va faire le lien entre les ingénieurs et les opérateurs. C’est vraiment lui qui va comprendre comment le procédé fonctionne et comment faire pour l’améliorer », avance-t-il. Le technicien a conscience de tout le processus, car il est plus souvent porté à être sur le terrain que l’ingénieur. Il est vraiment utile, car il est en mesure de proposer des améliorations aux opérateurs. « C’est son rôle à lui et il est vraiment équipé pour faire ça. C’est un travail qui est extrêmement valorisant parce que le technicien va apporter énormément à l’entreprise », ajoute-t-il.

Formation au Cégep de Lévis en Alternance travail-études

« La première année, c’est sûr que c’est plus des matières de base », dit le futur ingénieur, indiquant qu’il est nécessaire de comprendre l’origine et les propriétés des matières avant d’appliquer ces connaissances aux procédés industriels. Mais dès la fin de leur première année d’études, les étudiants ont l’occasion de mettre la théorie en pratique grâce à la formule Alternance travail-études. Polyvalents, ils effectueront leur premier stage rémunéré en décrochant un emploi d’été dans leur domaine. Ils pourront donc travailler dans l’une des nombreuses industries où on exécute un procédé chimique : entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques, alumineries, papetières, industries pétrochimiques, centres de recherche et de développement industriel, organisations reliées au recyclage et à l’environnement, etc.

Des stages rémunérés pour explorer différents domaines

Yanrick, lui, a réalisé son premier stage à deux pas du cégep, chez PepsiCo (Frito-Lay). Affecté au contrôle de la qualité, il faisait des tests organoleptiques. « Je goûtais les chips, carrément! », lance-t-il. Il prenait des échantillons à intervalle régulier pour voir si les normes de qualité étaient respectées. Ces tests avaient pour but de rectifier les assaisonnements, au besoin, et d’évaluer d’autres critères, comme la couleur des chips.

L’été suivant, il a été associé de recherche scientifique chez InVentiv Health Clinical, aujourd’hui Syneos Health Clinical Studies, qui réalise des études cliniques en vue de la mise en marché de nouveaux médicaments. « Je faisais, dans le fond, l’extraction des composés qui étaient contenus dans le plasma sanguin des gens », mentionne Yanrick. La pharmacocinétique est une discipline qui a pour but d’étudier les effets d’un médicament dans l’organisme. Par exemple, on pourrait vouloir déterminer après combien de temps un comprimé d’ibuprofène commence à réagir dans l’organisme.

Enfin, Yanrick a fait le dernier stage de sa formation collégiale au centre de production de vaccins de GlaxoSmithKline à Sainte-Foy, où il était technicien à l’étape de la purification des vaccins.